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Madame, Monsieur
CONFUSION DES GENRES & INVERSION SEMANTIQUE
Quelques précisions concernant le départ précipité de mon poste de travail le 02/11/2005 suivies d'autres considérations d'ordre plus générales. Je tiens à préciser que l'évocation anonyme de certaines individualités de l'entreprise est tout à fait déliberée; mon idée dans cette lettre tendant plus à stigmatiser une pratique professionnelle couramment admise par le métier qu'à personnaliser l'attaque. Il me paraît également nécessaire d'alerter sur certaines confusions. Tenant la plupart des acteurs de cette corporation plus pour des victimes inconscientes, que pour des responsables conscients, (il faut bien gagner sa vie) - le cynisme devant être réservé à nos distinguées hautes sphères dirigeantes, du moins je l'espère - j'en appellerai à quelques protagonistes pour lesquels je n'ai personnellement aucun ressentiment. Pour ma part, je me code en victime consciente. Dans l'échange, si tant est que c'en fut un - il s'agissait de relation de travail normale entre un supérieur hierarchique et un inférieur hierarchique, je n'en ai pas moins, pour autant, apprecié la sécheresse déplacée du ton - il fut prononcé le mot "respect". Respect des personnes interrogées: les patients, les sondés. Sans rentrer dans le détail et l'objet du-dit échange qui prêterait à controverse stérile et dans lequel je me reconnais du reste une certaine,sinon mineure responsabilité, cette invocation "respect" fut à l'origine de mon départ précipité et de mon malaise. Pourquoi? Pour la simple et bonne raison que je ne suis pas totalement persuadé que la profession soit à ce sujet innocente.
Exemples concernant l'enquête de satisfaction des patients hospitalisés à l'Assistance Publiques -Hôpitaux de Paris: Article 7 de l'argumentaire Réponse aux questions et aux objections: "Je n'ai pas accès à votre Numéro de téléphone "FAUX" Article 8: "Toutes ces dispositions ont été verifiée et contrôlées par la CNIL " "FAUX" La CNIL est sûrement au courant des problèmes de l'installation de la numérotation automatique ... Article 14 & 15:"SPECIEUX ". L'argumentaire d'un superviseur prenant en ligne un patient suspicieux et m'engageant à le reproduire le cas écheant : "Les informations nominatives et téléphoniques sont écrasées dès que nous rentrons dans un questionnaire Il n'y a aucun moyen de vous authentifier. " FAUX ET SPECIEUX" J'en passe (et des meilleures) concernant d'autres études ... Où se situe le "respect" ? Terme-girouette s'il en est. Tout ceci en direction de patients récemment hospitalisés et donc fragilisés. Je n'ai, bien sûr, rien contre l'amélioration de la qualité des soins à l'hôpital et accessoirement la classification des hôpitaux. Ces argumentaires s'apparentent selon moi plus à des ARGUMENTEURS. Ayant conscience, jusqu'ici, d'avoir fait mon travail d'enquêteur sérieusement, j'ai été choqué que l'on invoque le "respect" des patients interrogés envers lesquelles j'aurais, soi-disant, failli. Ceci d'autant plus que la nébuleuse marketing, au vu de ma pratique certes limitée, n'apparaît pas comme des plus éthiques et respectueuses.
Ne jamais oublier que dans ce metier au sens large nous sommes au coeur du dispositif de recueil d'informations. La cible doit fournir de l'information. De l'information à tout prix: merveille du marketing pour qui, la plupart du temps, la matière de l'information est gratuite! Est-ce cette quête d'information à tout prix sans prix qui justifie de donner de fausses informations, des informations tronquées, des informations spécieuses? Le Plan marketing du marketing: du cynisme au machiavélisme ... Mon éthique personnelle, doublée d'un certain amour propre teinté de susceptibilité ( petit péché d'orgueil) me contraint, vous le comprendrez aisément, à ne plus désirer poursuivre ce travail que j'ai effectué durant deux mois non sans un certain interêt documentaire et en appréciant la bonne ambiance ... Tout est relatif et comme le dit le proverbe chinois: Tout est grave, Rien n'est sérieux. Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations. A.Nonymonstre |
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